13. février 2026

Adaptations des règlements des labels Minergie/-P/-A et Minergie-Quartier

Minergie a introduit, à partir de 2026, quelques adaptations ciblées de ses règlements avec un accent sur les émissions grises. Olivier Meile, directeur de l’agence romande Minergie, en présente les principales modifications.

Olivier_Meile

Olivier Meile, les adaptations les plus importantes concernent cette année les émissions grises. Pourquoi ?
En août 2025, le nouveau Modèle de prescriptions énergétiques des cantons (MoPEC 2025) a été publié. Comme Minergie joue un rôle de précurseur ou de moteur pour les exigences cantonales, le MoPEC a repris la méthodologie et les valeurs limites de Minergie. Afin de conserver notre rôle de pionnier sur cette thématique, nous avons, cette année, renforcé, dans la mesure du raisonnable, les valeurs limites pour les différentes catégories d’ouvrages.

Concrètement ?
Les valeurs limites par catégorie d’ouvrages ont été renforcées, en moyenne, de 7,3 %. Jusqu’à présent, nos valeurs limites en matière d’émissions grises visaient surtout à inciter les planificateurs, pour qui ce thème était nouveau, à se pencher sur la question. Grâce à près de 1500 bâtiments certifiés provisoirement depuis 2023, nous disposons désormais d’une base solide pour évaluer quels renforcements sont possibles dans les différentes catégories. Par rapport au MoPEC 2025, Minergie continue ainsi d’exiger des valeurs limites plus ambitieuses et conserve ainsi son rôle de précurseur. Le complément ECO fixe toujours des exigences encore plus élevées.

Quels changements ont été apportés à Minergie-Quartier ?
Là aussi, l’analyse a montré que des exigences plus ambitieuses pouvaient être formulées en matière d’émissions grises : tous les quartiers certifiés respectent largement les valeurs limites actuelles. Une seule valeur limite doit être respectée pour l’ensemble du quartier, les planificateurs disposent ainsi d’une plus grande flexibilité. Désormais, l’exigence pour Minergie-Quartier repose donc sur la valeur limite 2 du complément ECO. Des adaptations ont également été apportées aux exigences relatives aux espaces verts.

Lesquelles ?
Jusqu’à présent, une part de surfaces extérieures à végétaliser de 40 % était exigée pour tous les quartiers Minergie. Cet objectif est facile à atteindre pour les quartiers purement résidentiels, mais nettement plus contraignant pour les quartiers industriels. Désormais, une part de 50 % est requise pour les quartiers d’habitation. Pour les administrations, les écoles et les hôpitaux, l’exigence reste fixée à 40 %, tandis qu’elle est abaissée à 30 % pour les autres catégories d’ouvrages, les surfaces vertes étant déjà relativement importantes dans les quartiers industriels.

Il y a également un changement en ce qui concerne la gestion naturelle des eaux pluviales. De quoi s’agit-il ?
Effectivement. Jusqu'à présent, des mesures spécifiques étaient prescrites pour la gestion des eaux pluviales. Désormais, une exigence quantitative est introduite : un objectif de 15 % est fixé pour le coefficient de ruissellement moyen annuel. Ce coefficient indique la part maximale des précipitations moyennes annuelles qui peut être évacuée hors du quartier. Il peut être calculé à l’aide d’un outil mis à disposition par Minergie. Les planificateurs sont libres de choisir les mesures permettant de respecter cette valeur.

Il s'agit plutôt de quelques ajustements. Pourquoi ?
En règle générale, Minergie procède à des adaptations et des renforcements majeurs environ tous les cinq ans. Entre-temps, il s’agit principalement de renforcements ou de corrections mineures. Le fait que seules quelques adaptations aient été nécessaires cette année montre que nos exigences – malgré notre rôle de précurseur – sont bien applicables dans la pratique.