13. février 2026
Dans les coulisses de la certification définitive
Michel Wyss est le responsable Minergie pour la Suisse romande. Dans cette interview, il explique comment se déroule une certification définitive Minergie et comment les requérantes et les requérants peuvent simplifier la procédure.
Lors de la certification définitive, à quel point examinez-vous le bâtiment en détail ? S’agit-il encore d’un contrôle approfondi ou plutôt d’une simple formalité ?
Nous exigeons l’ensemble des procès-verbaux de mise en service (production de chaleur, ventilation, photovoltaïque). Ces documents sont contrôlés et les exigences minimales d’indicateurs définis dans l’aide à l’application doivent être respectées. Les éléments relevés dans le PV de contrôle ayant permis la certification provisoire doivent être complétés et/ou corrigés et documentés de manière compréhensible. De plus, les installations techniques ainsi que les prises d'air extérieur et les rejets d'air vicié, de même que les façades montrant les protections solaires mobiles, doivent être documentés par des photos.
À quelle fréquence arrive-t-il qu’un bâtiment certifié provisoirement n’obtienne finalement pas la certification définitive ?
En Romandie, cela concerne une part vraiment négligeable. En effet, certains projets bénéficiant d’un bonus sur l’indice d’utilisation du sol et/ou prétendant à une subvention liée au certificat n’ont pas d’autres choix que de respecter les choix constructifs réalisés pour la certification provisoire ou de nous démontrer qu’avec les changements opérés, via la mise à jour du justificatif, que les exigences Minergie sont toujours atteintes. Par contre, il arrive que certains projets au bénéfice d’un certificat provisoire ne soient, au final, jamais réalisés, mais là aussi il s'agit de moins de 3 % des demandes.
Sur quels aspects des projets devez-vous le plus fréquemment revenir pour obtenir des compléments d’information ?
Souvent au niveau de la production de chaleur, par exemple lorsque la température de départ ne correspond pas aux valeurs de départ et de stockage des données de planification indiquées dans PACesti ou dans le calcul des besoins en chaleur SIA 380/1. Nous devons régulièrement demander de transmettre/modifier la courbe de chauffe. Pour le photovoltaïque, il arrive que la taille de l’installation ne corresponde pas à celle indiquée pour la certification provisoire. Dans la plupart des cas, elle est plus grande que prévu ou des panneaux plus performants ont été installés. Cela ne pose pas de problème. C’est lorsque l’installation réalisée est plus petite que nous apportons un regard particulièrement attentif sur l’atteinte des exigences. Pour la ventilation, il manque assez régulièrement le procès-verbal de mesure des débits d’air. Certains locaux présentent parfois des débits insuffisants. Il arrive également que certains logements présentent des inégalités inadmissibles entre le débit d’air pulsé et repris.
Comment vérifiez-vous, par exemple, qu’une ventilation fonctionne correctement ?
Je vérifie si les quantités d'air repris et fourni indiquées dans le procès-verbal de mesure correspondent aux valeurs prévues. Je vérifie également que les réglages de mise en service du monobloc soient plausibles, c'est-à-dire qu’ils correspondent aux informations fournies lors de la certification provisoire. Pour les installations individuelles par logement, nous contrôlons que les appareils installés correspondent à ceux mentionnés dans la demande. Dans le cadre des visites sur place, les propriétaires ou locataires sont interrogés sur d’éventuelles anomalies liées au confort. Les bouches d’entrée d’air neuf dans les installations dites simple flux sont également contrôlées afin de détecter d’éventuels courants d’air. Cela permet aussi de vérifier si de l’air circule par des orifices « dissimulés » et non mesurables.
Et pour l’isolation ? Là, on ne peut pas dire a posteriori qu’il manque quelque chose…
Dans ce cas, les compositions des sols, murs et plafonds ou toitures sont vérifiées sur la base des plans d’exécution et de détail, afin de s’assurer que l’isolation a bien été réalisée conformément aux calculs de la valeur U. Sur place, nous contrôlons par exemple que l’épaisseur totale des murs extérieurs correspond à celle indiquée dans la demande. Les façades sont également examinées afin de détecter d’éventuelles modifications dans la disposition et les dimensions des fenêtres.
Comment les planificateurs pourraient-ils se faciliter la tâche – et faciliter la vôtre – lors de la certification définitive ?
En vérifiant le projet, avant le dépôt de la demande de certification définitive, afin d’identifier les éventuelles modifications énergétiques par rapport au projet au bénéfice du certificat provisoire. Ces changements devraient être documentés et téléchargés avant le dépôt de la demande de certification définitive. En outre, tous les documents nécessaires à la certification définitive devraient être téléchargés avant la soumission. Les requérantes et requérants ou les planificatrices et planificateurs spécialisés responsables devraient vérifier, avant leur transmission, que les procès-verbaux de mise en service sont complets et conformes.