30. mars 2026

« Ma première pensée n'a pas été pour l'entreprise, mais pour les personnes »

flumroc damiangort
Damian Gart, Directeur général de Flumroc SA

Cinq mois après l'incendie, Damian Gort, directeur général de Flumroc SA, revient sur les événements, leurs causes et la remise en service du four de fusion.

Damian Gort, l'incendie dans votre entreprise a eu lieu il y a cinq mois. La situation est-elle revenue à la normale aujourd’hui ?

En janvier, nous avons pu remettre en service avec succès notre four électrique de fusion et relancer progressivement la production. Nous sommes très heureux d’avoir déjà pu livrer à nouveau de nombreux colis bleus à nos clientes et clients.

Quelle a été exactement la cause de l'incident et quelles en ont été les conséquences ?

Il ne s'agissait pas d'un incendie classique, mais d'une fuite de roche en fusion. Cette nuit-là, l’un des deux orifices de sortie de notre four électrique n’a pas pu être fermé correctement. Une quantité importante de roche en fusion s’est alors échappée. La masse très chaude s’est répandue sur le sol de la halle de production et, en raison de la configuration des installations sur plusieurs niveaux, a partiellement atteint le rez-de-chaussée. Il a ensuite fallu refroidir et sécuriser cette masse de roche de manière contrôlée. Les causes ont été analysées et les enseignements tirés ont été intégrés à la reprise de la production. La sécurité de nos collaboratrices et collaborateurs, ainsi que la sécurité d’exploitation restent notre priorité absolue.

Lorsque vous repensez à cet événement, comment avez-vous vécu, vous le directeur général, le fait d’être appelé après le travail à cause d’un tel événement ? Vous souvenez-vous de vos premières pensées ?

Oui, je m’en souviens très bien. Ma première pensée n’a pas été pour l’entreprise, mais pour les personnes : tout le monde est-il en sécurité ? Y a-t-il des blessés ? Une fois qu’il a été établi que personne n’avait été touché, j’ai immédiatement pris conscience de mes responsabilités : garder mon calme, prendre les bonnes décisions et soutenir nos équipes. Dans ce type de situation, on mesure l’importance de processus clairs, de procédures bien rodées et de la confiance accordée à ses collaboratrices et collaborateurs. Ce n’était pas une situation facile. Mais, cette nuit-là, j’ai aussi pu constater avec quel professionnalisme et quel engagement nos équipes, les secours et nos partenaires ont agi. Cela me donne confiance en tant que directeur.

Comment avez-vous géré la suite ? Avez-vous mis en place une cellule de crise ?

Oui, nous avons immédiatement mis en place une organisation de crise, avec un fort engagement de notre groupe. Dans une telle situation, il faut des circuits de décision courts, des responsabilités clairement définies et une communication transparente. Nous avons constitué une équipe centrale interne qui a travaillé en étroite collaboration avec les spécialistes, les autorités et les services d’intervention. En parallèle, nous avons assuré une communication continue avec les membres de notre personnel, nos clients et nos autres parties prenantes. L’essentiel pour nous était de stabiliser rapidement la situation : analyser les dommages, fixer les priorités et définir un plan réaliste de redémarrage. Cette approche structurée nous a permis de passer progressivement de la gestion de l’événement à la phase de reconstruction.

Les dispositifs de sécurité ont-ils été renforcés ?

Personne n’a été blessé, ce qui n’est pas anodin dans une telle situation et montre que nos standards de sécurité existants ont fonctionné. Les services d’intervention sont arrivés rapidement sur place, nos procédures internes ont été activées immédiatement et chacun savait quoi faire. C’est précisément pour cela que ces processus existent et que nos équipes y sont formées. Ce professionnalisme a contribué de manière décisive à une maîtrise sûre et contrôlée de la situation. Cela dit, nous avons bien entendu analysé l’événement en détail et mis en place des améliorations techniques et organisationnelles supplémentaires.

Êtes-vous aujourd’hui revenus à pleine capacité de production ou cela prendra-t-il encore du temps ?

La remise en service d’une installation de cette envergure se fait volontairement de manière progressive et contrôlée. Depuis la reprise en janvier, notre four électrique de fusion et nos deux lignes de production fonctionnent de manière stable. Aujourd’hui, nous avons retrouvé un bon niveau de production et sommes prêts pour la prochaine saison de construction. Notre priorité reste la stabilité et la qualité. Notre objectif est de garantir le niveau de qualité que notre clientèle attend de la laine de roche suisse.