12. mai 2026

Biosourcé, géosourcé ou conventionnel : le bon matériau au bon endroit

Ecole plaine-du-loup
Photo : ecobau

Le séminaire romand ecobau 2026, organisé aux Plaines-du-Loup à Lausanne, a mis en lumière deux bâtiments publics exemplaires et rappelé une évidence pour Minergie : les matériaux biosourcés, géosourcés, réemployés ou conventionnels doivent être évalués avec méthode, en fonction de leur impact réel et de leur pertinence dans le projet.

Le séminaire romand ecobau 2026, consacré au bon usage des matériaux dans la construction, a offert un éclairage particulièrement intéressant sur les liens entre construction durable, choix constructifs et qualité d’usage. Organisée aux Plaines-du-Loup à Lausanne, la rencontre s’est appuyée sur deux réalisations publiques du quartier : l’École primaire des Plaines-du-Loup certifiée VD-139-P-ECO et la Maison de quartier. Pour cette dernière, des matériaux géo et biosourcés locaux, comme la terre crue, le chaux-chanvre et le bois ont été utilisés. L’école illustre, quant à elle, une approche hybride combinant béton, bois et acier selon leurs qualités respectives.

Ces exemples montrent bien la compatibilité entre des projets Minergie ambitieux et l’utilisation de matériaux bio- ou géosourcés. Ils confirment aussi que la durabilité ne repose pas sur une famille de matériaux en particulier, mais sur une démarche globale : sobriété, simplicité constructive, compacité, adaptabilité, confort des usagers, qualité de l’air intérieur et limitation des impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie. Ces principes rejoignent pleinement l’esprit de Minergie.

Dans cette perspective, les matériaux bio- et géosourcés ouvrent des pistes très prometteuses. Ils peuvent contribuer à réduire les émissions grises, à valoriser des ressources locales, à favoriser des savoir-faire régionaux et à améliorer le confort intérieur. Mais leur emploi doit rester guidé par une analyse rigoureuse. Selon le contexte, des solutions éprouvées, bien conçues, durables, disponibles localement, planifiées et mises en œuvre de manière optimale peuvent aussi limiter l’impact environnemental autant ou plus que les matériaux bio- et géosourcés.

Le message est clair : il ne s’agit pas d’opposer les matériaux, mais de comparer les solutions. Pour chaque projet, le calcul de l’impact écologique, notamment des émissions grises, reste indispensable. Cette approche permet d’identifier le bon matériau au bon endroit, en tenant compte des exigences architecturales, techniques, économiques et environnementales.